07-07-13

La France: communications sont espionnées

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La France dispose, comme les Etats-Unis avec le système Prism, d’un dispositif d’espionnage à grande échelle des télécommunications. Le Monde est en mesure de révéler que la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, les services spéciaux) collecte systématiquement les signaux électromagnétiques émis par les ordinateurs ou les téléphones en France, tout comme les flux entre les Français et l’étranger : la totalité de nos communications sont espionnées. Les politiques le savent, mais le secret est la règle : ce Big Brother français est clandestin. Il échappe à tout contrôle.

12-06-13

PRISM: Bruxelles hausse le ton contre Washington

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Bruxelles, 11.6.2013

Viviane Reding, la commissaire à la Justice, réclame des explications sur Prism. Pour Bruxelles, Prism met «en danger le droit fondamental à la protection des données».

Plutôt prudente depuis la révélation du controversé système américain de surveillance électronique , la Commission européenne sort enfin de sa torpeur. Viviane Reding, la commissaire à la Justice, vient ainsi d’envoyer, selon nos informations, une lettre à son homologue américain, Eric Holder, pour réclamer de façon très directe «des explications et des clarifications sur le programme PRISM», qui aurait permis depuis quelques années l’espionnage de tous les internautes actifs sur des sites comme Google, Facebook, YouTube ou encore Skype.

«Compte tenu de la gravité de la situation et des préoccupations exprimées par l’opinion publique de ce côté de l’Atlantique, vous comprendrez que j’attends des réponses rapides et concrètes aux questions que je pose», est-il écrit dans ce courrier, dont «Les Echos» ont obtenu une copie. Une longue liste d’une dizaine de questions est mentionnée dans la lettre: les Européens ont-ils été surveillés par Prism ? Quelle était l’étendue des informations collectées par ce programme ? Sa fréquence ? Etc. Des questions que se pose également l’Allemagne, qui a annoncé vouloir demander des explications alors que se profile la semaine prochaine la visite à Berlin de Barack Obama.

Dans sa lettre, Viviane Reding ajoute une allusion qui ressemble fort à une mise en garde dans la perspective de la négociation à venir entre Europe et Etats-Unis sur un accord de libre-échange. «Comme vous le savez, la Commission européenne est responsable devant le Parlement européen, qui devrait probablement évaluer la relation transatlantique à la lumière de vos réponses», poursuit ainsi la responsable luxembourgeoise. En clair, soyez transparents si vous voulez éviter que les eurodéputés mettent leur veto à un possible accord commercial. Depuis le traité de Lisbonne de 2009, l’enceinte européenne peut en effet bloquer un accord de libre-échange.

Viviane Reding et Eric Holder doivent se rencontrer vendredi à Dublin. Ce scandale devrait être abordé, de même que d’autres problèmes liés à la protection des données des internautes. Bruxelles veut obtenir que les citoyens européens puissent recourir à la justice américaine pour corriger des données détenues par des sociétés américaines et qui seraient fausses. Une simple réciprocité, alors que la possibilité est déjà offerte aux citoyens américains en Europe.

Bruxelles estime en tout cas que ces scandales rendent plus que jamais nécessaire l’adoption de sa directive sur la protection des données proposée début 2012. Cette législation prévoit notamment un «droit à l’oubli» numérique pour l’internaute et l’obligation pour les entreprises d’avertir les autorités en cas de faille de sécurité. La loi s’appliquerait à tous, y compris aux entreprises américaines opérant en Europe. Ces dernières ont depuis un an lancé une grande opération de lobbying contre ces mesures, jugées trop contraignantes. Plus de 4.000 amendements ont été déposés au Parlement européen. Les Etats membres sont, eux, profondément divisés. La Grande-­Bretagne, notamment, mène la fronde contre une législation jugée trop lourde pour les entreprises.

Bureau de Bruxelles

http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202821199298-bruxelles-preoccupe-au-plus-haut-niveau-par-l-affaire-prism-574351.php

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