23-06-13

Guy Verhofstadt, Daniel Cohn-Bendit, Pierre Defraigne: Debout l’Europe !

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Y a-t-il d’autres fédéralistes ?

2 octobre 2012

Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit prônent une Europe fédérale, dans leur livre “Debout l’Europe”. Mais leur manifeste ne fait pas que des émules.

Une véritable Europe fédérale, comme seule voie efficace pour sortir le Vieux Continent de la crise. C’est ce que Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit prônent, tambours battants, dans leur livre-manifeste "Debout l’Europe !", présenté lundi à Bruxelles. Mais les chefs de file respectifs des libéraux et des Verts au Parlement européen n’ont pas que des alliés dans cette bataille. Leur "intégration finalisée" - appelant à la fin de l’Etat-nation et à une contribution directe des citoyens au budget européen -, ne fait pas que des émules.

"Bravo les artistes", s’écrie aussi Pierre Defraigne, le directeur exécutif de la Fondation Madariaga - Collège d’Europe. Pour lui, il y a au moins deux bonnes raisons de "mettre ainsi les pieds dans le plat" : "Que deux leaders charismatiques - il n’y a que ceux-là - ouvrent le débat et le fassent dans des termes très clairs et très substantiels, est une bonne chose pour la démocratie. Ça peut remobiliser les gens en faveur de l’Europe. Car les citoyens ne font plus confiance à l’Europe. Ils ne veulent plus de cette Europe-là", explique-t-il. Pour l’économiste et ancien fonctionnaire européen au sein de la DG Commerce, "on entre dans le fédéralisme à reculons. L’opinion publique n’est pas prête, elle ne le souhaite pas. Et les leaders n’osent pas prendre le risque d’indiquer que c’est cette voie-là qu’ils vont prendre" , précise-t-il.

Pierre Defraigne fait, là, allusion aux petits pas de la Commission européenne vers une Europe intégrée, comme la proposition d’une supervision bancaire qui doit mener à une union bancaire, le "tout petit début une union fiscale", et l’élargissement du mandat de la Banque centrale européenne. "Ce qui est surprenant dans le débat, c’est l’affirmation de principe très forte de Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit, d’une part. Et les réticences de tous les autres qui font cela étape par étape, sous la pression des événements, et toujours un peu à contrecœur", observe Pierre Defraigne.

Car on peut imaginer que la Commission européenne ne répondra pas au manifeste de Cohn-Bendit et de Verhofstadt d’une proposition pour une intégration complète et finalisée à l’image de "l’utopie plausible" des eurodéputés avant-gardistes. L’exécutif européen subirait illico le rugissement des Etats membres, qui refuseraient, d’un revers de la main, d’abandonner leur souveraineté à un gouvernement européen. La Commission préférera continuer à progresser pas à pas vers l’intégration, sans se mettre à dos les Etats membres. Son président, José Manuel Barroso a même prononcé, dans son discours annuel sur l’Etat de l’Union", le terme "fédéral", encore tabou il y a quelques mois. Une première pour un président en exercice.

Ce "f word" a toujours effrayé le Royaume-Uni, qui n’est pas près de s’engager sur la voie de l’Europe fédérale. Ce que déplore l’eurodéputé britannique Andrew Duff. Pour lui, il faut désormais éviter que Londres "bloque l’évolution fédérale de l’Union européenne". Sa solution ? La création d’une catégorie d’Etats membres associés où les Britanniques pourront profiter du marché unique, qu’ils affectionnent, sans être impliqués dans l’Europe politique, qu’ils abhorrent. Histoire que le Royaume-Uni puisse "se garer, sans se couper du reste de l’Europe", en somme. Même si Andrew Duff continue d’espérer que son pays se ralliera à la locomotive. "Mais pour le moment, mes compatriotes ne sont pas prêts à sauter le pas", rappelle-t-il.

Pour le think tank britannique Open Europe, Verhofstadt et Cohn-Bendit sont "des idéologues", "isolés", qui "ne sont pas prêts à discuter", alors que la crise économique actuelle "n’est pas due aux dépenses publiques [des Etats] mais la cause du système monétaire", soutient Peter Cleppe, le chef du bureau bruxellois d’Open Europe. Le think tank indépendant défend l’idée que l’Europe fédérale "n’est pas soutenue démocratiquement par les gens en Europe, et même en Belgique", citant le ministre Paul Magnette qui avait vigoureusement critiqué, en janvier, la politique "ultralibérale" de la Commission européenne, alors que "la décision doit être prise au niveau national".

Sur le plan économique, Peter Cleppe estime que "restaurer la compétitivité, résoudre le problème des dettes privées, comme en Espagne, ne peut pas être résolu par une plus grande centralisation des pouvoirs, donc les transferts fiscaux, car ce sont les conséquences d’une zone monétaire composée d’économies différentes". En attendant, Open Europe propose que "quelques pays qui sont capables d’avoir une monnaie unique créent une nouvelle monnaie", puisque "ça n’a pas fonctionné entre l’Allemagne, la Grèce et l’Irlande".

Pour Pierre Defraigne, sur le contenu au contraire, Verhofstadt et Cohn-Bendit "visent juste". "Mais on est dans une forme un peu théorique. C’est évidemment le risque qu’ils courent en affirmant que l’Europe fédérale est la bonne solution. La question que vont leur poser leurs adversaires est : comment y parvient-on ?", analyse-t-il.

La balle est dans le camp des Européens. On verra si, en 2014, les citoyens votent pour l’alliance pro-européenne, imaginée par Cohn-Bendit et Verhofstadt, pour contrer les eurosceptiques et "les pro-Européens du statu quo".

http://www.lalibre.be/actu/international/y-a-t-il-d-autres-federalistes-51b8f1ece4b0de6db9c81ccb

Daniel Cohn-Bendit - Guy Verhofstadt: 'Debout l'Europe!'

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Daniel Cohn-Bendit ('Danny the Red')

Student leader Daniel Cohn-Bendit (Danny the Red) in front of Sorbonne University, at the start of the “May 1968 events” Paris.May 6.1968..jpg

Student leader Daniel Cohn-Bendit ('Danny the Red') in front of Sorbonne University, at the start of the “May 1968 events” Paris, May 6, 1968.
http://fotojournalismus.tumblr.com/post/17437964291/student-leader-daniel-cohn-bendit-danny-the-red

22-06-13

Joe Hill

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Né en Suède en 1879, Joe Hill immigre aux États-Unis en 1902. Il travaille et voyage dans plusieurs régions du pays. C’est vers 1910 qu’il adhère aux IWW et écrit des chansons militantes pour le syndicat révolutionnaire. Les chansons sont alors une part importante des activités militantes. En détournant des chansons populaires, en substituant aux paroles originales des textes qui décrivent les conditions de vie et de travail, les IWW créent des repères de solidarité.

En 1911, les IWW publient la troisième édition d’un petit livre rouge de chansons auquel Joe Hill contribue avec The Preacher and the Slave :

« Les prêtres sortent toutes les nuits,

Pour vous dire ce qui est bien et ce qui est mal.

Mais quand on leur demande à manger,

Ils répondent d’une voix douce :

Vous mangerez encore et encore,

Dans ce pays glorieux au-dessus du ciel.

Travaillez et priez. Vivez dans le droit chemin

Et vous aurez du gâteau dans le ciel… Quand vous mourrez. »

En 1914, il est accusé d’avoir participé à un braquage. Accusation fabriquée et procès truqué inscrite dans une répression violente qui vise à juguler le mouvement social, et en particulier les IWW. La mobilisation nationale et internationale ne parviendra pas à stopper son exécution. Il est fusillé en novembre 1915.

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JOE HILL. Les IWW et la création d’une contre-culture ouvrière révolutionnaire

http://divergences.be/spip.php?article1199

Saint-Gilles: Brasserie Verschueren

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Un bon café si les tables ne sont pas occupés par des cons

Woodstock - G8

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1969 - Le festival de Woodstock - Rassemblement contre la guerre du Vietnam

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June 2010 - Les dirigeants des pays du G8, un groupe de discussion et de partenariat économique de huit pays parmi les plus puissants économiquement du monde, font une promenade

Contre la répression

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Bonnes nouvelles pour la bande de cons à Saint-Gilles

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« Nous voulons en faire un lieu convivial, commercial mais aussi culturel »

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Le Parvis de Saint-Gilles sera piétonnier dès jeudi

21 juin 2013

Le bourgmestre l’avait annoncé (Le Soir du 19 septembre) : le Parvis de Saint-Gilles sera piétonnier en 2013. Et ce sera chose faite dès jeudi prochain, nous révèle Charles Picqué (PS). 

« Fin octobre prochain, nous évaluerons le dispositif qui nécessitera peut-être quelques adaptations mais nous ne reviendrons pas en arrière », dit-il. Pas question non plus, comme ce fut un temps envisagé, de revoir la formule durant les mois d’hiver. C’est qu’à terme, le collège saint-gillois compte bien faire du Parvis un rendez-vous incontournable.

« Nous voulons en faire un lieu convivial, commercial mais aussi culturel ». C’est que le quartier ne manque pas d’atouts, notamment en termes architecturaux, de l’Aegidium (en cours de rénovation) à la Maison du Peuple en passant par le futur Centre contemporain d’art nouveau ou la Maison Horta toute proche. « Les pièces du puzzle se mettent en place », poursuit Charles Picqué.

Avec, comme premier jalon, donc, la priorité aux piétons. Dès jeudi prochain, les exploitants auront l’occasion d’étendre leurs terrasses. Seule l’allée centrale devra rester disponible pour l’accès des services de secours. Tant du côté de la rue de Moscou que de la chaussée de Waterloo, des dispositifs seront installés pour empêcher l’automobile de passer. Exit, les 47 emplacements de parking actuels.

Des zones de livraisons sont prévues des deux côtés du Parvis, les lundis et jeudis matins, jours sans marché. « Des consignes ont été données pour que ces zones soient régulièrement libérées. Si ce n’est pas le cas nous étudierons la possibilité d’instaurer un accès via badge. En tout cas, il s’agit d’une contrainte mineure pour les commerçants par rapport aux avantages d’extension ».

Un architecte a par ailleurs été sollicité pour repenser le piétonnier en termes de matériaux, d’éclairage public ou encore de mobilier urbain pour une mue globale prévue en 2015. Autre sujet d’étude sur le feu, l’actuel réceptacle à voitures de la place Janson. Des négociations sont actuellement en cours avec un privé afin d’y créer un parking souterrain. Ce qui ne coûterait rien à la commune, celle-ci mettant son sous-sol à la disposition du futur gestionnaire, indique Charles Picqué, qui n’exclut pas d’ouvrir le partenariat à la future Agence régionale de stationnement.

Le Parvis aura son propre concierge

Une autre promesse électorale faite par le PS lors des dernières communales est en passe de voir le jour : les conciergeries. Le PS local avait ainsi programmé l’arrivée de 9 concierges chargés, dans les quartiers, de représenter la force publique auprès des habitants et de coordonner les équipes de prévention, de propreté, mais aussi celle chargée de menus travaux de réparation sur l’espace public. La première conciergerie verra ainsi le jour au Parvis de Saint-Gilles au mois d’octobre prochain.

http://www.lesoir.be/266861/article/actualite/regions/bruxelles/2013-06-21/parvis-saint-gilles-sera-pietonnier-des-jeudi

Bande de cons: Saint-Gilles (Bruxelles)

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« Con » est un substantif trivial qui désigne à l'origine le sexe de la femme. Au sens figuré, le terme « con » est aussi un terme en général employé comme insulte, mais dans un sens très atténué, voire amical.

« Con » a aussi un emploi impersonnel, souvent dépréciatif dans l'expression « bande de cons ». 

Con est également à l'origine du nom des confréries de Conards, sociétés festives et carnavalesques traditionnelles.

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SOS Antiplagio - Milan 2008

21-06-13

Abus d'enfants: Le meurtre de Gina Pardaens-Bernaer

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Afin de documenter nos lecteurs français, peu avertis du dossier Zandvoort, un bref rappel de l'exécution de Gina Pardaens, l'une des quarante personnes étrangement disparues à la suite de l'affaire Dutroux. Il faut ajouter à cet article, qu'un magistrat l'attendit à l'aéroport de Zaventem, lorsqu'elle tenta de se rendre à Genève pour y déposer des documents essentiels, notamment une vidéo qui a déjà fait couler beaucoup d'encre, et beaucoup de sang...

Assistante sociale, Gina Pardaens-Bernaer avait rejoint le Werkgroep Morkhoven, à l'occassion de la découverte du réseau Zandvoort, en juillet 1998. Elle travaillait au dossier Schadwald, du nom d'un petit garçon disparu d'Allemagne à l'âge de 11 ans et dont la recherche avait mené l'association, au réseau. Elle découvrait rapidement l'implication des services secrets allemands, par le beau-père de l'enfant, Rainer Wolf.

Elle commençait alors à avoir des problèmes de perturbations de téléphone, de fax et d'ordinateur. Elle recevait des appels répétitifs de personnes qui raccrochaient après un long silence. Belgacom, alors monopole d'état en matière de téléphonie, ne prétendait pas réussir à trouver l’origine des interférences, ni des appels anonymes. Leur enquête les avait mené à découvrir qu'une deuxième ligne aurait été ouverte sur son téléphone sans qu'elle ne l'ait jamais commandé et qu'il y aurait eut "un petit fil détaché".

C'est Gina Pardaens-Bernaer qui fit une copie d'un des cédéroms de Zandvoort et l'envoya à l'organisation "CIDE", qui à son tour la communiqua à Interpol. Elle avait découvert un "film snuff", où figurait le viol et le meurtre d'une petite fille et dans lequel elle avait reconnu un ancien associé de Michel Nihoul, célèbre dans le dossier Dutroux. Des hommes l'arrêtèrent dans un train et lui dirent de mettre fin à ses recherches. Depuis, elle se déplaçait en voiture, mais elle fut rapidement suivie. Elle notait les plaques d’immatriculation, parmi lesquelles d'une Mercedes grise qui s’avérera être celle de l’ancien chauffeur du bar "Dolo: le quartier général de Michel Nihoul à Bruxelles, où il rencontrait tous les policiers qui "rataient" chaque enquêtes relatives à l'exploitation sexuelles d'enfants.

Elle avait collaboré au programme télévisé "Faits divers" de la RTBF, avec le journaliste Dessart. Ils furent tout deux interrogés par la police judiciaire au sujet de l’affaire Schadwald. Les officiers semblaient d'avantage intéressés à leurs connexions avec le Werkgroep Morkhoven, qu'à la disparition de l'enfant. L'audition lui avait paru "hautement remarquable, intimidante et clairement dirigée afin de lui faire révéler sur ses sources", avait-elle dit au journal "De Morgen".

Le harcèlement téléphonique augmentait. Elle recevait des menaces de mort, de personnes dont les voix étaient déformées par un appareillage électronique. Suite de deux de ces appels, son fils, alors qu'il était sur sa bicyclette, fut renversé par une voiture dont le conducteur s'enfuit sans s'arrêter.

Quatre mois étaient passés depuis que Gina Pardaens-Bernaer collaborait avec le Werkgroep Morkhoven, quand le 14 novembre 1998 au soir, elle appelait Jan Boeykens, président de l’association. La communication était si brouillée qu'ils avaient des difficultés à s'attendre l'un l'autre, mais il parvint à apprendre qu'elle avait été objet d'une nouvelle série de menaces de mort:- "Avec ce que j'ai découvert", dit-elle, "soit la Belgique explose, soit je suis assassinée".

La nuit même, à l'aube du 15 novembre, sa voiture fut retrouvée écrasée sous un pont, sans qu'aucune trace de freinage n'ait pu être relevée. L'état de la voiture se passe de commentaire.

La Belgique n'a pas explosé. Le meurtre ne fut objet d'aucune enquête policière. Peu après, le bureau de son avocat, Maître Arnould, était cambriolé et des dossiers étaient volés.

Les membres du Werkgroep Morkhoven, qui admiraient Gina Pardaens-Bernaer, furent brisés par ce meurtre, qui aurait pu être évité si la police avait rempli son devoir. Le Mémorial de Zandvoort, à l'occasion du dixième anniversaire de la découverte du réseau sera aussi fait en son honneur.

Adieu Gina, on ne t'oubliera jamais...

http://www.cineyrgie.nl/?id=3517

14-06-13

'Culture de la non-violence' ?

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"Une culture de la non-violence et de la paix favorise le respect de la vie et de la dignité de chaque être humain sans préjugé ni discrimination d’aucune sorte".

Les atomes appelés hommes: des signaux de haine et de persécution

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Voltaire (1694-1778), Traité sur la Tolérance

« Prière à Dieu »

Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui as tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de la boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s’enorgueillir.
   Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible ! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.

http://www.etudes-litteraires.com/voltaire-tolerance.php